Présentation du Groupe de Genève

Posted on février 7th, 2018

Symposium SFPEADA ESCAP 10 Juillet 2017 pour le site.pptx
La SFPEADA a tenu, le lundi 11 juillet 2017, un symposium au congrès de l’ESCAP à Genève consacré aux soins donnés en psychiatrie de l’enfant et de l‘adolescent aux traumatismes : Helping children grow up after attacks and collective trauma : a challenge for child and adolescent psychiatry. Ce symposium prolongeait la Journée organisée le 6 mars 2017 sur le thème L’enfance attaquée, la pédopsychiatrie face au traumatisme collectif.

Nous avons beaucoup apprécié la présence, à côté de nos collègues français, Florence Ashkenazy de Nice et Jean-Philippe Raynaud et Alexis Revet de Toulouse, de Sam Tyano de l’université de Tel Aviv et de Lise Stene, collègue norvégienne traitant des suites du massacre d’Utoya.

Ces quatre interventions se sont montrées particulièrement riches et très complémentaires.

Depuis, le Conseil d’Administration de la SFPEADA a validé l’idée de la création d’un « Groupe de Genève » qui fera se retrouver au prochain congrès de l’ESCAP à Vienne, en 2019, ces conférenciers engagés dans des recherches au long cours sur la question de la pédopsychiatrie face aux traumatismes collectifs.

Symposium organisé par la SFPEADA au congrès de l’ESCAP à Genève 2017

Helping children grow up after attacks and collective trauma :
a challenge for child and adolescent psychiatry

1. Florence ASKENAZY
Professeur en psychiatrie de l’enfant et de l’’adolescent,
Université de Nice, Fondation Lenval, France

Les soins en psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent dans les situations d’urgence suivant l’attentat terroriste du 14 juillet 2016 à Nice, France

Dès le 15 juillet 2016, dans les suites de l’attentat une CUMP pédiatrique a été ouverte sur le site de l’hôpital pédiatrique CHU-LENVAL jusqu’au 28 juillet 2016.

Elle a mobilisé 227 soignants, dont 51 pédopsychiatres. 708 victimes y ont été reçues, dont 382 enfants entre 3 mois et 18 ans et 53 enfants endeuillés. Près de 50% des enfants reçus étaient âgés de 6 à 12 ans. Par ailleurs, 89 personnels de l’hôpital ont participé à des groupes de débriefing.

Au moins 5 CUMP nationales ont participé à ce travail.

Cette expérience montre l’importance d’anticiper ce type d’action.
Il est nécessaire de proposer :
1) Des formations aux professionnels
2) D’améliorer les outils cliniques et d’évaluation pédiatrique à disposition
3) D’engager des recherches collaboratives pour mieux connaitre le devenir des populations pédiatriques dans les suites d’un attentat.

2. Sam Tyano
Professeur à l’Université de Tel Aviv, Israël

Israeli children under stress

Les enfants israéliens sont souvent exposés aux évènements traumatiques. Quels sont les liens entre cette exposition et des signes cliniques d’une psychopathologie. Quand donc un événement stressant engage-t-il des facteurs de résilience plutôt que de constituer un facteur de risque ?

Quelle devrait être notre approche thérapeutique dans le futur ? Nous proposons de réaliser une transition entre le niveau individuel à celui de la communauté, notamment dans les situations de PTSD de masse. Cela requiert une nouvelle approche clinique.

3. Jean-Philippe Raynaud, Alexis Revet
Service universitaire de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent, CHU de Toulouse, France

Quelle aide la psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent peut-elle apporter à la communauté confrontée à une catastrophe ou à une attaque collective ?

En quelques années, l’équipe de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent du Centre Hospitalier Universitaire de Toulouse a fait face, avec la communauté soignante de la région, à trois évènements traumatiques collectifs impliquant de nombreux enfants : l’explosion d’une usine chimique, un tir accidentel à balles réelles sur le public lors d’une journée portes ouvertes dans une caserne, et ce que l’on appelle désormais les tueries de Toulouse et Montauban de mars 2012.
Avec les quelques années de recul que nous avons aujourd’hui sur ces évènements, nous proposons une réflexion sur le rôle de la psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent dans de telles circonstances. Quelles sont les compétences et l’expérience de nos équipes dans le domaine du traumatisme ? Quelles compétences doivent-elles acquérir ou renforcer pour « se tenir prêtes » ? Quels partenariats et collaborations doivent être mis en œuvre en amont et dans les suites de tels évènements ? Quelles sont les données de la littérature internationale qui peuvent nous être utiles ? En quoi enfin la recherche peut-elle permettre à nos équipes de se décentrer et d’ouvrir des perspectives ?

4. Lise Eilin STENE, M.D., PhD
Norwegian Centre for Violence and Traumatic Stress Studies (NKVTS)
lise.stene@nkvts.no

Le recours aux services de santé après le terrorisme : une étude longitudinale des survivants de l’attaque d’Utøya en Norvège en 2011

L’exposition à un attentat terroriste peut avoir des conséquences graves sur la santé psychique et physique. L’impact peut être particulièrement sévère chez les adolescents : le psycho-traumatisme pouvant perturber le développement psychosocial lié à cette tranche d’âge. Les services de santé ont un rôle important à jouer en matière de prévention, de dépistage et de traitement des troubles post-traumatiques.
La fusillade du 22 Juillet 2011 sur l’île d’Utøya était dirigée contre un camp d’été de jeunes militants politiques. Les actes de violence commis sur Utøya ont été extrêmement marquants et on peut présumer que l’impact psycho-traumatique soit très important et que les conséquences durent longtemps. Les proches des personnes directement affectées peuvent également être fortement marqués par les événements.

À la suite de l’attentat, un modèle de suivi préventif a été établi dans le but de garantir la continuité de la relation entre les personnes affectées et les structures de soutien, ainsi qu’une évaluation régulière de leurs symptômes, de leur soutien social et de leur fonctionnement quotidien, permettant de définir les besoins de mesures ultérieures.

Pour mieux comprendre l’impact psychosocial et évaluer la prise en charge, une étude longitudinale a été mise en place suite à la fusillade. Trois campagnes d’entretiens avec les survivants et leurs parents ont été effectuées à 4-5 mois, 14-15 mois et 31-32 mois après l’attentat. À partir de données médico-administratives, le recours aux soins trois ans avant et après l’attentat a également été mesuré.
Des résultats sur les rapports entre les symptômes post-traumatiques, le recours aux soins et la perception de la prise en charge des survivants ont été présentés au cours de la communication. Le bilan et les perspectives concernant la prise en charge psycho-traumatique ont également été discutés.

 

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