Communiqué de presse de la SFPEADA

Posted on octobre 20th, 2026

Paris, le 19 octobre 2026

Jeunesse, école et santé psychique : écouter les adolescents, prendre leurs besoins au sérieux

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Les mobilisations lycéennes actuelles invitent à entendre ce que les adolescents expriment de leur rapport à l’école, à leur avenir et à la société. Elles interrogent les adultes et les institutions sur les conditions dans lesquelles les jeunes grandissent, apprennent, construisent leurs liens et se projettent dans l’avenir.


La SFPEADA, société savante engagée dans la réflexion sur la santé psychique et le développement des enfants et des adolescents, souhaite rappeler l’importance d’accueillir cette parole avec attention, sans la disqualifier, ni la réduire à une manifestation de fragilité psychologique ou à une instrumentalisation politique.

Les adolescents ne constituent pas un groupe homogène. Certains choisissent de se mobiliser collectivement pour défendre leurs attentes et leurs convictions. D’autres, notamment parmi les jeunes confrontés à un refus scolaire anxieux, à l’isolement ou à une souffrance psychique, peuvent éprouver de grandes difficultés à prendre part à ces mouvements, voire à fréquenter leur établissement. Ces expériences différentes ne sont pas contradictoires : elles témoignent de la diversité des manières de vivre l’adolescence et de faire face aux difficultés.


Les professionnels de la pédopsychiatrie rencontrent quotidiennement des jeunes pour lesquels les conditions de scolarisation, les relations avec les pairs et les adultes, le sentiment de sécurité, la pression de la réussite et les incertitudes concernant l’avenir peuvent constituer des facteurs de vulnérabilité. Les témoignages de jeunes en refus scolaire anxieux nous rappellent notamment combien la qualité des liens avec les équipes éducatives, la disponibilité des adultes, la possibilité d’appartenir à un groupe et l’attention portée aux besoins singuliers participent au sentiment de sécurité nécessaire aux apprentissages.

La dégradation de la santé psychique des jeunes, notamment l’augmentation des hospitalisations pour gestes auto-infligés chez les adolescentes et les jeunes femmes, constitue un signal de santé publique qui appelle une attention durable et des réponses coordonnées. Elle ne saurait être rapportée à une cause unique. Elle invite à considérer conjointement les dimensions individuelles, familiales, scolaires et sociales de la souffrance psychique.


Dans ce contexte, la SFPEADA rappelle quelques principes essentiels.

Écouter les adolescents, c’est reconnaître leur capacité à exprimer un point de vue sur ce qui les concerne, sans présumer de leurs motivations ni confondre écoute et approbation de toutes les formes d’action. Leur participation à la vie collective mérite d’être considérée comme une expérience possible de citoyenneté et de construction de soi.


Protéger les adolescents, c’est également prendre au sérieux leur sécurité physique et psychique. Les situations de tension, les affrontements, les violences et les ruptures de scolarité peuvent exposer certains jeunes à des risques particuliers. Les adolescents les plus vulnérables doivent faire l’objet d’une attention spécifique, sans que cette préoccupation conduise à pathologiser leur engagement ou à délégitimer leurs revendications.


Soutenir leur développement, enfin, suppose de préserver les conditions institutionnelles qui rendent possible une scolarité accueillante et contenante : des adultes disponibles, des équipes qui peuvent travailler ensemble, des lieux adaptés, des personnels en nombre suffisant et des dispositifs de prévention et de soins accessibles. L’école et la pédopsychiatrie ne peuvent, à elles seules, répondre à l’ensemble des difficultés rencontrées par la jeunesse ; leur coopération avec les familles et les autres acteurs de l’enfance est indispensable.

La SFPEADA appelle ainsi à un dialogue respectueux entre adolescents, familles, professionnels de l’éducation, acteurs de la santé et institutions. Il importe que les espaces de consultation et de participation proposés aux jeunes puissent déboucher sur une écoute effective, des réponses explicites et un examen attentif de leurs propositions.


Entendre les adolescents, c’est prendre soin de leur présent et contribuer à rendre leur avenir pensable. Leur parole, qu’elle s’exprime par l’engagement collectif, par des demandes d’aide ou par des difficultés à trouver leur place, mérite notre attention. Elle nous engage, comme adultes et comme professionnels, à
interroger nos pratiques et à construire avec eux des environnements plus favorables à leur développement, à leur santé et à leur confiance dans l’avenir.


Dr Catherine LACOUR-GONAY
Présidente de la SFPEADA
Au nom du Conseil d’Administration de la SFPEADA


Contact presse :
sfpeada@gmail.com


Bibliographie et ressources

  1. Benoit, L. « Laelia Benoit, pédopsychiatre : “Les jeunes ne sont pas dupes des discriminations et du mépris que leur réserve la société” ». Le Monde, 7 octobre 2026.
  2. Benoit, L. Infantisme. Paris : Seuil, 2023.
  3. Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES). « La hausse des hospitalisations des adolescentes et jeunes femmes pour tentatives de suicide et automutilations se poursuit en 2025 ». 11 mai 2026.
  4. Cour des comptes. La pédopsychiatrie : un accès et une offre de soins à réorganiser. 2023.
  5. Sarfaty, L. « Comment va mon lycée ? Ce que les jeunes en refus scolaire anxieux nous disent de l’état de leur établissement scolaire ». Texte de réflexion clinique transmis à la SFPEADA, octobre 2026.